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Romans

Un roman de jeunesse : La Coupe d’Or de Steinbeck

La Coupe d’Or
De John Steinbeck

Editions Folio 2001
ISBN 2-07-038457 8

La coupe d’or est un roman d’aventures maritimes qui s’inspire de la vie d’Henry Morgan.

C’est une œuvre de jeunesse de Steinbeck, écrite alors qu’il n’était encore qu’un garçon de ferme en Californie. Publié ne 1929, c’est cet ouvrage qui lancera sa carrière, lui laissant entendre qu’il avait de l’avenir dans ce métier, même si le succès ne fut pas au rendez-vous. 

S’écartant de beaucoup de la réalité historique, s’inspirant des récits que fit Oexmelin de la vie de Morgan, c’est un roman divertissant avec une pincée de fantastique, dans lequel on retrouve quelques faits noyés dans beaucoup d’inventions pures et simple. 

C’est surtout une œuvre de jeunesse au style parfois ampoulé :

L’âme quitte l’homme dès le début, là-bas aux Antilles, en lui laissant une sensation de vide et de dessèchement. Non, ce n’est pas mon âme, c’est le poison qui est en moi, dans mon sang et dans mon cerveau. Robert, il me racornit comme une vieille orange. Les créatures rampantes qu’il y a là-bas, et ces petites bêtes ailées qui viennent au bivouac pendant la nuit, et les grandes fleurs pâles … elles sont toutes chargées de poison. Elles infligent à l’homme de terribles tourments. En ce moment même, mon sang est fait d’aiguilles glacées qui coulent dans mes veines, malgré ce beau feu devant moi. Tout cela, oui, tout cela vient de l’haleine humide de la jungle. On ne peut pas s’y étendre, on ne peut pas y vivre : mais elle vous souffle son haleine au visage et vous flétrit à jamais …

Mais on y trouve les germes de ce qui deviendra le style de Steinbeck et qui fera le succès des « souris et des hommes », de « tortilla flat » et lui vaudra un prix Nobel de littérature en 1962.

Ma note : 6/10

Un roman : Long John Silver de Björn Larsson

 

Long John Silver
ou
La relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité.
De Björn Larsson

Editions Grasset 1998
N° d’édition : 10702 – N° d’impression : 42277
ISBN : 2-246-54481-5

J’avais acheté ce roman il y a plus de dix ans, à sa sortie, alors que j’étais en train d’essayer de constituer ma bibliothèque maritime. Je l’avais lu et n’en avais pas gardé un souvenir particulier.

Ayant  relu il y a peu l’Ile au Trésor de Stevenson et en ayant gardé un gout de « pas assez », je suis allé le recherché dans ma piratothèque et je l’ai redécouvert.

Le roman se présente comme les mémoires de Long John Silver, pirate au cœur de l’aventure de l’Ile au Trésor, fripouille sympathique et impitoyable. 

C’est un Long John Silver vieillissant qui, retiré à Madagascar, nous livre son histoire depuis son enfance dans les rues de Bristol à ce qui l’a amené à s’échouer dans un coin isolé de la grande île, seulement entouré par d’anciens esclaves affranchis. 

Une histoire qui par d’incessants flash back, parfois décousus, nous fait croiser les figures historiques d’England, de Daniel Defoe, Taylor, d’Israël Hands et celles imaginaires de Flint le terrible capitaine du Walrus. 

Björn Larsson s’est beaucoup documenté, s’inspirant lourdement de « l’histoire générale des plus fameux pirates » de Daniel Defoe, mais aussi d’autres sources historiques. 

Cela lui permet d’évoquer avec force détails le commerce ignoble de la traite, la vie dans les plantations coloniales, les derniers boucaniers, les conditions misérables des marins à bord des navires de commerce de l’époque. 

Il dresse un tableau du monde maritime, option pirate, du début du 18ième siècle brodant sur la trame d’éléments réels des personnages de fictions. 

L’ensemble est somme toute sympathique, une bonne introduction à l’univers de la piraterie historique, même si l’on peut parfois regretter le style un peu lourdingue et les incessants aller et retours temporels qui s’ils s’apparentent bien à la manière dont fonctionne la mémoire, n’apportent pas grand-chose au fond de l’histoire. 

Ma note : 7/10