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Thomas CONDENT

Ce flibustier, aussi appelé Congdon ou Congdom, est l’un de ceux ayant le mieux réussi dans la piraterie. Né à Plymouth à une date inconnue, on le retrouve dans les caraïbes en 1717. Ce qu’il y fait avant reste dans l’ombre. En 1717 il quitte comme tant d’autre l’île de la providence à bord d’un sloop vers le Cap-Vert.

Au cour du voyage Condent, alors simple quartier maître eut l’occasion de s’illustrer : Un forcené s’était retrancher dans la soute avec les réserves de poudre et menaçait de tout faire sauter. Alors que les pirates discutaient d’un mayen de le réduire, Condent un sabre dans une main et un pistolet dans l’autre sauta dans la cale et après avoir eu le bras brisé par une balle tua le forcené. Il est à noter que l’équipage fou de rage découpa en morceau le corps de ce dernier et que le canonnier alla jusqu’à faire cuire son cœur et à le manger.

En arrivant au Cap-Vert les pirates parvinrent à mettre la main sur un navire de commerce : Le Duc-d’York. Les pirates se disputant, le capitaine marchant parvint à prendre la fuite non sans leur abandonner la moitié de son équipage et de sa cargaison.

Condent aimait à se poser en juge lorsqu’il s’emparait de navires. Il faisait venir devant lui l’équipage et les officiers des prises. Puis il demandait au premier s’ils avaient à se plaindre des seconds. Si c’était le cas il faisait fouetter les fautifs avant de les faire plonger dans du vinaigre.

A São Jago il mis la main sur un navire hollandais, un ancien corsaire dont le capitaine avait été tué par la première bordée de canon. Il en fît son navire amiral et le rebaptisa le « Dragon Volant ». Il donna son précédent navire à son second (un lieutenant anglais enrôlé de force).

En 1718 il prend à Rio de Janeiro un navire de la Compagnie des Indes Françaises, le «Dauphin». Ce dernier, armé de dix-huit canons était chargé de marchandises (notamment de cognac et de vin) à destination de l’île Bourbon. Il le vide puis le laisse d’échouer sur le rio de la Plata avant de remonter la côte brésilienne. Comme les Portugais s’étaient emparés d’un pirate il se montra envers les portugais d’une cruauté extrême : Il faisait couper les oreilles et les nez des portugais et si par hasard l’on trouvait à bord un prêtre on lui faisait dire la messe avant de monter sur son dot et le faire courir jusqu’à épuisement sur le pont.

En 1719 on le retrouve en plein atlantique où il prend un navire anglais : Le Georges.



Début 1720 il passe le cap de Bonne Espérance et prend un navire hollandais : le « Prince Eugène ». Il fait ensuite voile vers Madagascar et mouille à l’île Sainte Marie où il recueille une partie de l’équipage d’un autre navire pirate. Il fait ensuite voile vers la côte des Indes.

Il s’empare à cette époque dans la mer rouge, d’un navire arabe transportant 1,3 millions de roupies. C’est la fortune pour les pirates. Dés lors Condent pense à se retirer d’autant plus que le roi de France a fait une offre d’amnistie.

Condent retourna à Madagascar et là mis la main sur un navire anglais de 100 tonneaux : le Crooker. Ils en pillèrent la cargaison (de l’alcool dont ils étaient friand) et en chargea le capitaine, un certain Baker, d’offrir sa réédition au roi de France représenté par le gouverneur de l’île Bourbon. Pour s’assurer de la pleine coopération du capitaine Baker il garda quelques otages.

Le 12 novembre 1720 le conseil provincial de Bourbon délibère. Il fini par accorder son amnistie à 135 hommes et à 60 esclaves de Guinée. Il faut dire que Condent a menacé, en cas de refus, de venir commettre « le plus de mal et dommage qu’il pourra ».

Le gouverneur Beauvollier de Courchant accepte le 25 novembre 1720 mais à certaines conditions :

« Remettre au préalable leurs armes et munitions de guerre, de renoncer pour toujours à leur désordre, de garder fidélité au Roy de France dont ils se reconnaissent les sujets. »

Il leur donne aussi un délai de 4 mois pour se présenter avec le Dragon-Volant et tous ses canons. Il leur impose de plus une taxe d’entrée de 20 piastres par tête et limite à un le nombre d’esclave pouvant accompagner chacun des pirates

Le Crooker repart le 30 novembre 1720 porteur de cette réponse. Le problèmes cependant ne font que commencer pour le gouverneur : comment loger 135 pirates dans une île qui ne compte que quelques centaines d’habitants ? Le 10 janvier 1721 devant le peu d’empressement des habitants pour accueillir les pirates Beauvollier de Couchant doit offrir 15 piastre par pirate accueilli plus 5 piastre par noir (sauf s’il travaille pour l’habitant). Il précise :

« L’habitant qui loge un ou plusieurs forbans leur fournira à chacun un lit convenable garni au moins d’un bon matelas, d’un oreiller avec sa souille* et d’une couverture ; ces lits doivent être dans un caze ou de bois ou de feuille construite de manière qu’elle soit pour le moins distinguée de ce qui se nomme hangar ou ajoupa et que les injures du temps ne puisse le pénétrer. »
*Taie

Il ajoute aussi que la nourriture se composera à cette occasion de viande au dîné et au soupé (sauf les jours maigres) et qu’il sera servi d’une soupe et de pain. De plus il faudra fournir aux hôtes ½ flacon de fangourin (vin de canne) par repas.

Le 22 janvier, devant la résistance des habitants il désigne 36 habitants, dont d’anciens pirates.

En février 1721, le Crooker est de retour, mais à son bord il n’y a que 32 pirates dont Condent. Certains sont morts de fièvre, d’autres sont restés à Madagascar, d’autres on été abandonné. Comme le rapporte le père Houbert ils sont accueillis à bras ouvert : 

« Nos Mrs de St Paul furent surpris et consternez  quand ils virent qu’à l’arrivée de ces forbans la plupart des habitans de St Paul les recevoient à bras ouverts et s’empressoient de leur rendre toutes sortes de services qu’ils faisaient payer bien cher, étant bien résolus d’avoir aussi part au butin. »

Le 26 avril 1721 Condent négocie avec Taylor et Labuse la rançon du vice-roi de Goa fait prisonnier sur son navire dans la baie de St Paul.

Le 10 octobre on embarque quasiment de force une partie des forbans et le vice-roi de Goa sur un navire de passage en direction de la France : le Triton (capitaine Garnier de Fougeray). Il devenait impératif d’évacuer ces personnes la famine menaçant.

Condent épouse la belle sœur de Desforges Boucher adjoint du gouverneur et futur gouverneur lui-même. Il rentre ensuite, en novembre 1722, en France à bord de «la vierge de Grâce». Il y arrive en février 1723. Le 25 mars 1723 il se remarie avec une bourgeoise de Lorient : Marie Catherine Ancré. Ce qu’il était advenue à sa première femme reste un mystère.

Il s’installe à Port Louis en Bretagne où il devient armateur et prospère avant de mourir de vieillesse vers 1733 ou 1734.

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